L’EST DES ÉTATS-UNIS

L'aventure commence !

Le départ arrive enfin, le dimanche 6 décembre, par un grand soleil d’hiver. Il était temps. Le lendemain de notre départ, nous apprenons qu’il est tombé un pied de neige!

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On parachève les bagages (trop nombreux), les dernières vérifications, les derniers au-revoir. Sous le regard de nos locataires et de notre chat Pumpkin, nous tournons la clé et là… rien, le néant total. Plus de batterie! Heureusement que nous nous sommes dotés d’une batterie d’appoint (qui fait aussi lampe de détresse et compresseur) et l’incident est vite réparé. Nous tournons au coin de la rue newmarch et la maison disparait. Nous faisons une halte au Canadian Tire, la Mecque des bricolo du dimanche (justement nous sommes dimanche) et l’endroit le plus indiqué pour tomber à nouveau en panne de batterie. On lui fait passer le test, et le résultat est accablant : elle ne vivra pas. Nous ne nous laissons pas abattre et nous voilà repartis, trois heures plus tard avec une batterie neuve plus efficace.

La frontière américaine est notre première réelle appréhension. Nous avons le droit comme à chaque fois à une série de questions posées sur un ton hautain et agressif : où allez-vous, combien de temps, qui allez-vous voir, pourquoi, que transportez-vous, quelle est votre profession. Allez expliquez, de manière convaincante que vous partez avec un vieux bazou faire le tour des Amériques pour une durée indéterminée, que vous ferez du télétravail, et que vous transportez du foie gras et du saucisson. Impossible. Nous optons pour une version légèrement différente : nous partons 6 semaines passer les fêtes chez une amie en Virginie. Ce qui n’est pas totalement faux car nous allons effectivement rendre visite à  Trudy, au cœur de la campagne Virginienne.  Heureusement, nous sommes sauvés par un étasunien-québécois (si si), plein d’humour et de bienveillance. Et les inspecteurs sanitaires à qui nous avions remis nos clés, renoncent finalement à fouiller notre char devant l’ampleur de la tâche. Nous sommes hébétés de passer la frontière en 30mn montre en main. Pourvu que ce soit un bon présage pour les frontières à venir, mais nous doutons que ce soit possible, vu les nombreux récits d’horreur de voyageurs que nous avons entraperçu sur les passages de frontières d’Amérique centrale.

Nous roulons de nuit vers la grosse pomme et dormons dans un motel afin de nous mettre doucement en condition et surtout parce que nous ne sommes pas prêts à affronter une nuit glacée. En plus,  il y a un petit déjeuner compris. Nous reprenons quand même rapidement certains reflexes de voyageur « à petit budget » : tout ce qui est gratuit est bon. Nous reprenons la route mais en contournant NY. Trop de monde, trop de stress. Nous filons droit vers Washington. Tout est blanc : la maison du Président, le Capitole, le Washington Monument, le Lincoln Memorial. Les éclairages des monuments rivalisent avec les lumières de Noël et nous apparaissent encore plus impressionnants, se détachant de la pénombre comme des phares dans l’océan par une nuit sans lune.

Nous arrivons tard chez Trudy. Décidemment, si deux fois peuvent constituer une tradition, c’est dit : on n’entreprendra jamais un long voyage sans commencer à rendre visite aux Hale! Trudy est la mère de Tempe qui nous avait accueillis en Californie il y a 5 ans. Une amitié de 15 ans lie Marie à cette famille d’artistes à saveur hippie californienne. Trudy a délaissé la Californie pour vivre dans une immense et magnifique maison dans la campagne de Virginie. Nous rattrapons le temps perdu et les années d’absence avec Trudy, philosophons et nous reposons dans ce havre de paix. La demeure est une superbe « antebellum farmhouse » c'est-à-dire une ferme d’avant guerre, guerre de sécession américaine (moitié du 19ème siècle) où l’union et les confédérées mèneront un combat acharné et sanglant. Se laisser bercer par le vas et viens de la balancelle du porche, écouter les flots de la rivière James, se fondre dans les douces collines et laisser son imagination vagabonder. C’est ainsi que naturellement la maison baptisée « the Porches » est devenue une retraite pour écrivain. www.porcheswritingretreat.com

Nous quittons avec regret Trudy. Pour aller où ? Au sud, Toujours plus au sud. C’est notre leitmotiv. Nous traversons rapidement, trop rapidement la Caroline, le Tennessee, la Géorgie, l’Alabama, le Mississippi. Nous sifflons des rengaines célèbres qui évoquent ces États du Sud, de Sweet home Alabama à Quelque chose de Tennesse. Plus de motel, nous dormons à présent au milieu d’un champ ou dans des aires de repos d’autoroute. Celles à la porte des États sont les meilleures car elles offrent surveillance continue, commodités luxueuses, info touristiques, cartes routières, wifi et café – certe américain, mais gratuit. Le bitume se succède, les panneaux publicitaires défilent, promouvant les mêmes chaînes de restauration rapides, les mêmes magasins entrepôts, affichant les prix des motels et de l’essence.

...la suite à la prochaine page...

 
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