MEXIQUE

Enfin il fait chaud !

C’est avec quelques appréhensions que nous traversons en fin de journée la rivière qui sépare les deux pays, les deux mondes. Nous sommes noyés dans un flot de pot d’échappement. Pase pase, circule, circule. On nous dirige vers l’inspection des véhicules, on s’en doutait.

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Plutôt que de descendre les boîtes une à une, Pascal convainc l’agent de monter sur le toit et de regarder dans les boîtes, sous les railleries de ses collègues. Une boîte lui suffira et il nous fait signe de continuer notre route, sans même regarder les papiers du véhicule. Nous passons alors devant d’autres douaniers qui ne jettent même pas un regard à nos passeports tendus vers eux. Vite, semble être le mot d’ordre, circulez, dépêchez-vous. Nous voilà au Mexique, sans estampe sur le passeport, sans avoir été contrôlé. Nous espérons que cela ne nous posera pas de problème à la sortie du pays.

Le dépaysement est total. Nous sommes pourtant sur une autoroute, mais à la place des enseignes publicitaires, ce sont des cactus. Et des montagnes en toile de fond. Nous faisons une halte à Monterrey, où le centre ville historique semble avoir été déserté au profit des zones périphériques. Les températures montent petit à petit, mais les nuits restent fraîches. Let’s the show begins, c’est parti les amis, nous sommes en voyage!

Notre prochaine étape, sur les conseils d’un agent touristique, est Real de Catorce. C’est un village historique, typique, quasi mystique pour les Mexicains, et qui a servi de décor au film Mexican Hat avec Brad Pitt. On pénètre dans la ville par le tunnel d’Ogarrio, qui semble avoir été creusé à la main, inquiétant et interminable. Cela ressemble à une mine. Opinion confortée lorsque nous apercevons les signes d’avertissement de dynamitage. On débouche alors dans ce village sévère, escarpé, qui semble avoir été préservé grâce au tunnel qui le protège du monde moderne. Malheureusement, la mondialisation n’a pas épargné ce petit village, et les nombreux articles artisanaux qui s’étalent sous nos yeux n’ont rien de local ni de typique : capteur de rêve, poncho, tuque andine et autres articles de dévotion que l’on retrouve dans toute l’Amérique Latine, sans parler des souvenirs à l’effigie du Dieu Corona. Le tourisme reste toutefois local, et hormis les gamins qui nous poursuivent pour nous accompagner dans un hôtel, l’ambiance est décontractée. Nous quittons la ruelle principale et nous dirigeons vers la plaza de Toros, à l’écart du village. Une magnifique Église, modeste, blanche et entourée de tombe complète la carte postale déjà envoutante des lieux. Nous dormons sur une petite place, avec une vue à splendide sur la Sierra de Catorce et sur le village. De nombreux cavaliers viennent nous voir pour nous proposer une balade à cheval. D’autres nous saluent. Nous nous sentons les bienvenus et profitons de ce merveilleux site. La seule ombre au tableau provient étonnement d’un camion de poubelle qui passe à côté de nous chargé de détritus et revient, 5mn plus tard, vide.

La nuit suivante ne sera pas aussi paisible. Nous sommes réveillés à 3h00 pétantes par des énormes spots de lumière. POLICIA. Contrôle d’identité. Un peu embrumé et hébété, Pascal sort et Marie tente de faire le traducteur depuis le lit. Ils veulent que nous partions. C’est dangereux pour nous de dormir là, on pourrait se faire voler (sous-entendu et leur donner du travail!). Ils nous conseillent de dormir dans une station service, il y a une surveillance 24/24. Ils nous escortent jusqu’à la route et un peu au-delà, et docilement nous allons nous stationner entre deux énormes semi-remorques et y terminer notre nuit. Au matin, nous faisons le plein d’eau car nous passons rapidement nos 25L, entre la vaisselle, la nourriture et la toilette. Nous remercions PEMEX, le leader des stations essence, et repartons vers Guanajato.

Nous décidons d’emprunter une petite route qui nous mène directement à la cité coloniale. Le plus difficile, c’est de la trouver cette route. Nous nous renseignons auprès d’une femme qui nous indique la route principale. Nous lui montrons la carte. Erreur, les Mexicains ne savent pas lire une carte. Il faut demander la petite ville suivante et là, en un éclair, nous savons que c’est notre route!. La femme essaye pourtant de nous en dissuader. C’est une route de poussière… Nous ne regrettons pas notre entêtement. La route est sublime. Le sol rouge contraste avec le bleue ardent du ciel et le vert mordant des cactus et des arbres. Nous passons à travers des gorges, des vallées. C’est un régal. On se sent en roadtrip et le moral remonte en flèche. Le 4x4 tient bien malgré les aspérités de la route. Certes, il grince. Mais c’est un peu comme son signe de reconnaissance?

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