GUATEMALA

13 février au 13 mars 2010

Après notre café quotidien nous sommes prêts à affronter le passage de frontière et la pluie qui tombe. Notre hardiesse ne nous mènera pas loin : nous sommes bloqués devant les douanes mexicaines, à trois kilomètres de la frontière Guatémaltèque. L’officier des douanes mexicaines, nous encourage à faire demi-tour et à attendre une heure environ. « Ca arrive souvent le matin et puis ça passe; ce sont les gens d’ici » nous précise t-il.

Galerie photos

Il nous faut un long moment de réflexion pour comprendre que nous avons à faire à un barrage. Pourtant, pas de manifestation, pas de chahut, pas de barrière. Juste des véhicules stationnés sur la voie comme s’il s’agissait d’un banal bouchon à un poste de péage. Pas de réclamation non plus, ni de banderole, ni de police. Nous suivons les conseils avisés du douanier et nous attendons sagement sur le côté que ça se passe. Et une heure plus tard, allez savoir pourquoi, la voie est libre vers la frontière de la Mesilla.

Dernière vérification des papiers et nous nous présentons assurés au poste frontière. Nous avons déjà nos estampes sur le passeport, et nous passons donc directement à la seconde étape. Il est aisé de trouver laquelle : des hommes portant un masque stérile nous attendent pour la fumigation. Cette opération consiste simplement à asperger très sommairement les roues du 4x4 et surtout à s’acquitter des droits. Nous présentons tous les papiers : reçu de fin du permis d’importation temporaire du véhicule du Mexique, titre de propriété, passeport de Pascal. Des photocopies sont faites (en trois exemplaires!), des documents sont remplis, les droits d’importation et de fumigation payés. Nous voilà légalement prêts à affronter les routes Guatémaltèques.

Première image : il n’y a que des Toyota. On pense avec regret à notre petit 4 Runner, si difficile à réparer au Mexique, véritable succursale des États-Unis. Et par conséquence, cela ne sera pas facile de trouver des pièces pour le Ford… Tant pis nous avons passé la frontière et nous ne reviendrons pas en arrière. Nous nous sentons aussi plus en sécurité dans ce gros pick up. Nous en imposons davantage : on nous laisse maintenant la priorité dans les passages exigus. Il existe en effet des règles tacites de priorité aux croisements, la priorité de passage suit cet ordre : d’abord les ambulances bien sûr, ensuite les taxis, les collectivos, les bus et les gros trucks odorants et bruyants (nous entrons dans cette catégorie), les vieilles voitures abîmées, les voitures récentes, les motos et bicyclettes et finalement les piétons. Nous avons donc gagné une place !

Seconde image : les bus colorés. Les bus scolaires nord américains passent ici leur retraite et y trouvent une seconde vie. Ils ont subi un sérieux lifting : le jaune poussin a été remplacé par du rouge sang, du vert forêt, du bleu azur. Leurs couleurs vives les rajeunissent mais ne leur donne pas pour autant un second souffle. Ce sont des nuages noires qui sortent des pots d’échappement et c’est un calvaire de se retrouver derrière l’un d’eux, malgré les messages divins qui ornent leurs postérieurs à la gloire du seigneur ou de Maria de Guadalupe. On les surnomme à travers toute l’Amérique centrale les Chicken bus. Chaque voyageur y va de sa théorie : c’est peut être car on y est entassé à l’interieur comme dans un poulailler, ou alors parce que les bus s’amusent à jouer au plus brave pour savoir qui va passer le premier lorsque la route se rétrécie et que deux mastodontes se font face. L’expression anglaise est Playing chicken; ou encore est-ce une déformation de children qui avec le temps a donné chicken. Quoi qu’il en soit ces bus font parti intégrante du paysage Guatémaltèque.

Nous traversons des vallées très encaissées flanquées de volcans. Le panorama se débouche aux abords de Xela, surnom de Quetzaltenango. L’avantage d’être peu rapide comme nous le sommes, c’est que nous avons des éclaireurs qui nous indiquent les endroits à ne pas manquer et nous font part de leur expérience. Notre première étape sera donc les Fuentes Georginas, source d’eau chaude réputées les plus belles du Guatemala et vivement recommandées. Nous empruntons de nuit les 8km de la petite route sinueuse et étroite. Nous louons un bungalow de béton sans charme mais avec un bel âtre et du bois fourni, qui nous donne surtout accès aux bains toute la nuit. L’eau est encore plus chaude qu’espérée et l’air frais chargé de souffre nous enivre. L’ambiance est magique, des volutes de fumée tournoient et montent le long des falaises abruptes auxquelles s’accrochent des plantes tropicales verdoyantes. A l’extinction des feux, c’est une toute autre atmosphère que nous découvrons alors : les étoiles filent à vive allure, d’autres brillent de mille feux. Les bruits de la forêt la nuit et de l’eau qui s’écoule entre les bassins nous bercent. Ah qu’on est bien!

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