COSTA RICA

3 avril au 29 avril 2010

La frontière du côté Nicaraguayen ressemble à n’importe quelle frontière d’Amérique centrale. C’est le chaos, le désordre, la panique. Une fois n’est pas coutume, nous avons opté pour la frontière la plus importante : celle de la Panaméricaine. La désorganisation y est donc naturellement pire qu’ailleurs. Nous ralentissons devant une première guérite. Des dizaines de badauds nous intercepte, tous plus inquiétants les uns que les autres.

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Certains veulent nous échanger de l’argent, d’autres souhaitent nous guider à travers le dédale de la frontière. Gratuitement disent-ils, moyennant une contribution volontaire précisent-ils ensuite. Nous changeons de l’argent mais refusons les services. Sauf cas exceptionnel, ces guides ne sont pas d’une grande utilité et connaissent moins bien que nous les procédures. Et comme aux autres frontières, nous devons payer une taxe municipale. Nous refusons de la payer car nous n’avons aucun service en échange. Le douanier nous impose de la payer pour pouvoir passer et regarder nos passeports. Après un échange houleux, nous payons, il regarde nos passeports et nous envoie vers les douanes. On passe maintenant aux choses sérieuses.

Des dizaines de bus, des centaines de passagers et des longues files d’attente s’offrent à nos yeux désillusionnés. En plus d’être à la plus grande frontière, c’est la fin du congé Pascal. Comme de petits soldats bien entraînés, nous allons faire tamponner notre passeport du seau de sortie. Nous sommes donc officiellement sortis du Nicaragua. Au tour de la voiture. Nous allons résilier le permis d’importation temporaire. Pour obtenir le papier, il faut d’abord obtenir l’aval d’un agent des douanes et celui d’un agent de police. C’est là que les choses se compliquent : il faut pour cela réussir à les localiser et à les faire inspecter notre 4x4. La zone n’est pas si grande mais nous tournons en rond sous un soleil de plomb. Finalement une bonne âme nous indique où se cache la police : sur un banc à l’ombre, en arrière du bâtiment. L’endroit le plus indiqué pour ne pas être importuné pendant une sieste. Quant à la DGA (direccion general de aduanas), nous la localisons grâce au descriptif de leur  tenue vestimentaire. Nous avons les deux agents pour nous tous seuls. Ils inspectent le véhicule brièvement, nous disent deux mots de Français et signent un post-it qui nous servira de sésame.  Nous obtenons la résiliation du permis temporaire. A nous le Costa Rica!

Ça commence par une confrontation avec un Tico, surnom des Costa Ricains. Il nous oblige à fumiger notre 4x4, qu’on nous avait annoncé comme facultatif. Devant notre refus, il nous annonce méprisant qu’ici c’est le Costa Rica, ce n’est pas notre pays. Il y a des règles et nous devons nous y conformer. Ça annonce la couleur. Les douanes semblent toutefois mieux organisées qu’ailleurs en Amérique centrale et l’anarchie moindre. Des affiches manuscrites annoncent clairement qu’il n’y a pas de frais pour le passage de frontière et que le pays lutte contre la corruption, c’est parfais car nous aussi ! Nous tamponnons nos passeports puis achetons l’assurance obligatoire. Nous trouvons ensuite un agent pour inspecter le véhicule. Tout se passe facilement. Nous arrivons fièrement avec tous les papiers requis auprès de l’agent des douanes en charge de l’importation temporaire. La conversation débute ainsi : « vous-êtes Québécois? Oui, de Montréal. Vous connaissez? Oui, je suis allé aux foufounes électriques ». Nous sommes estomaqués. Nous nous détendons et lui sourions naïvement. Il regarde attentivement le titre de véhicule de Colombie Britannique. Immédiatement, il nous annonce qu’il ne s’agit pas d’un original, mais d’une photocopie. Pascal sort alors un papier identique en annonçant qu’effectivement l’autre était une photocopie et celui-ci est l’original. Le bluff semble fonctionner, même s’il a un regard sceptique. Il présente le papier à un collègue qui lui dit que c’est bon. Mais le papier ne lui convient toujours pas. Il affirme d’ailleurs qu’il connait très bien les papiers d’enregistrement du Canada et que celui-ci n’en est pas un. Il est effectivement intitulé Insurance and ownership. Selon lui, ce n’est pas titre de propriété mais le titre d’assurance. Il n’est pas convaincu et va voir le site d’enregistrement de Colombie Britannique sur internet. Il y passe une bonne demi-heure, essaye de rentrer le nom de Pascal dans les moteurs de recherches du site, puis le numéro d’enregistrement VIN du pickup. Il cherche sur Google map l’adresse qui figure sur notre document… La tension est à son comble. Nous ne disons plus un mot. Nous avons la gorge sèche et serrée. Nous tentons d’adopter une attitude normale et confiante. Nous transpirons par tous les orifices. Finalement, ne parvenant pas à trouver d’informations contradictoires, il remplit le papier d’importation temporaire et nous laisse partir avec un regard de dédain. Nous l’avons échappé belle. Il aurait suffit d’un coup de téléphone pour vérifier les informations. Heureusement il n’y a pas pensé ou ne parle peut être pas suffisamment bien anglais. Nous nous retenons de courir pour rejoindre la voiture. Il nous reste une dernière formalité qui se passera sans accro. Nous avons réussi! Il va définitivement falloir refaire ces papiers pour les rendre plus crédibles d’ici peu ! Non, notre 4x4 n’est pas volé, simplement qu’il était impossible d’effectuer le transfert de propriété à distance, ne nous laissant que l’option de trafiquer nous-mêmes ces dits papiers. Pour le moment, on a fait avec les moyens du bord, c'est-à-dire de vieux photocopieurs et le résultat, certes crédible, ne fait pas officiel.

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La frontière du côté Nicaraguayen ressemble à n’importe quelle frontière d’Amérique centrale. C’est le chaos, le désordre, la panique. Une fois n’est pas coutume, nous avons opté pour la frontière la plus importante : celle de la Panaméricaine. La désorganisation y est donc naturellement pire qu’ailleurs. Nous ralentissons devant une première guérite. Des dizaines de badauds nous intercepte, tous plus inquiétants les uns que les autres. Certains veulent nous échanger de l’argent, d’autres souhaitent nous guider à travers le dédale de la frontière. Gratuitement disent-ils, moyennant une contribution volontaire précisent-ils ensuite. Nous changeons de l’argent mais refusons les services. Sauf cas exceptionnel, ces guides ne sont pas d’une grande utilité et connaissent moins bien que nous les procédures. Et comme aux autres frontières, nous devons payer une taxe municipale. Nous refusons de la payer car nous n’avons aucun service en échange. Le douanier nous impose de la payer pour pouvoir passer et regarder nos passeports. Après un échange houleux, nous payons, il regarde nos passeports et nous envoie vers les douanes. On passe maintenant aux choses sérieuses.
 
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